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L’entreprise EMI – pour Étude moule injection – a les honneurs de l’opération « Made in Sud Alsace ».

Édouard Cousin

« Porsche était chez nous vendredi. La semaine prochaine, c’est Mercedes qui vient… ». En toute simplicité, Jean-Pierre Wissler liste les clients d’EMI, l’entreprise de Hésingue dont il est le PDG. Pour

être complet, on peut aussi citer BMW. Et Peugeot ou Fiat qui sont déjà, ou sont sur le point de faire appel au savoir-faire de l’entreprise mise à l’honneur, depuis quelques jours, par la CCI Mulhouse Sud Alsace.

Depuis plus de six ans, dans le cadre de l’opération de promotion baptisée « Made in Sud Alsace », la Chambre de commerce fait de son parvis un hall d’exposition. Après Stonefence, en juin, une entreprise de Richwiller qui réalise du mobilier urbain et fabrique des gabions design, c’est au tour d’une autre belle entreprise hautrhinoise d’être mise sous le feu des projecteurs.

Clients à proximité

EMI (pour Étude moule injection) fêtera ses vingt ans fin octobre et emploie 110 salariés à un jet de pierre de l’EuroAirport. L’entreprise tire pleinement profit de son positionnement géographique au cœur des trois frontières. « Nous avons la chance de bénéficier de la flexibilité française et du sens de l’innovation et de la rigueur germaniques », souligne le PDG.

Entre 60 et 70 % du chiffre d’affaires d’EMI est réalisé à l’export. On pourrait ajouter dans l’exportation « de proximité ». « La plupart de nos clients sont implantés dans un rayon de 50 km autour de nous, principalement en Suisse et en Allemagne. Le client le plus éloigné se trouve à 220 km. »

« Les Allemands et les Suisses, il ne faut pas seulement parler leur langue. Mais aussi les comprendre, connaître leur culture. C’est pourquoi nous misons beaucoup sur la formation », remarque encore Jean-Pierre Wissler dont l’épouse, Évelyne, est responsable RH (ressources humaines) et finances de l’entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros.

Le PDG d’EMI est aussi l’unique actionnaire de l’entreprise qui est le prolongement de Wissler SA, la société créée par son père. La structure existe d’ailleurs toujours. « C’est ce qui me permet de décider d’investir, tous les ans,

10 % du chiffre d’affaires dans les machines, la formation et la recherche et développement […] Il faut que l’on se batte pour garder notre outil de travail et notre savoir-faire. »

Technique de pointe

Ce qui fait la réussite de l’entreprise frontalière, c’est sa spécialisation dans les produits de très haute qualité. « Les pièces en plastique, tout le monde sait faire. C’est pourquoi certains industriels se tournent vers les pays à low cost », remarque Jean-Pierre Wissler. « Nous avons su nous différencier en mettant en œuvre des techniques plus pointues. »

Et d’illustrer son propos d’un exemple : « Toute l’industrie automobile a besoin de trouver des solutions pour réduire le poids des voitures. Dans le temps, une R5 pesait 750 kg. Aujourd’hui, une petite voiture c’est 1,2 tonne. Nous proposons des solutions qui sont intégrées à la structure même des véhicules, notamment en associant des matières composites et des plaques de fibre de verre. Cela s’appelle de l’organo sheet ». Les derniers développements d’EMI permettent de proposer des pièces qui présentent un gain en poids de 50 %, avec une rigidité supérieure de 30 % par rapport aux pièces conventionnelles.

Le succès d’EMI, c’est aussi sa diversification. Si l’automobile est un secteur en plein développement, elle ne représente que 14 % du chiffre d’affaires de l’entreprise hésinguoise. Le plus gros marché, c’est l’électricité et le photovoltaïque. Un domaine dans lequel l’entreprise a investi la somme de

8 millions d’euros ces dernières années. « Nous avons la capacité de produire 1,5 million de connecteurs par semaine. Nous tournons actuellement à 1,2 million ». À noter que l’entreprise travaille également dans le secteur du bâtiment.

Sources : Journal l’Alsace du 5 octobre 2015.